?Sławomir Kamiński / Agencja Gazeta

Il voulait leur parler, eux voulaient l’écouter

A la fin de ses souvenirs des pèlerinages en Pologne, Mgr Mieczysław Mokrzycki rapporte une histoire concernant l’avant-dernier voyage. En 1999, lorsque Jean-Paul II a passé la nuit à la nonciature de Varsovie, il glissé dans la salle de bains et s’est blessé à la tempe. Lorsque les infirmiers sont venus pour soigner la blessure, il s’est avéré qu’un ou deux points de suture étaient nécessaires. Le médecin voulait faire cela le plus délicatement possible et mettre un pansement le plus petit possible. Il a collé un sparadrap une fois, deux fois, trois fois … et à chaque fois il disait « pardon », « pardon ». Ses mains tremblaient sans doute un peu. Alors, le Saint-Père s’est mis à raconter : « Il y avait un garçon, Jeannot, qui jouait sans cesse des tours et répétait alors à sa maman : « Pardon », si bien que sa mère finit par lui dire : « Jeannot, au lieu de t’excuser tout le temps, essaie de mieux faire ». Le sparadrap a finalement été collé et nous nous réjouissions que le Saint-Père gardait toujours le sens de la répartie,  en dépit de ses problèmes de santé,.

Comme la maman de cette histoire éduquait son Jeannot, ainsi Jean-Paul II éduquait-il les jeunes. Avec de la suite dans les idées, dès le début de son pontificat. Il les a éduqués de manière tellement efficace que, l’année du Jubilé, deux millions de jeunes sont venus à  Rome dont un million  a reçu le sacrement de réconciliation. –Vous avez observé tout cela de près.  Comment cela s’est-il passé ?

-C’était tout simple et très naturel. Il voulait leur parler, eux voulaient l’écouter. Non pas  parce qu’il parlait bien et promettait des miracles. Il avait jadis été acteur. Sa voix était une arme puissante. Mais cette voix s’affaiblissait d’année en année. Et pourtant, les jeunes venaient toujours plus nombreux à ces rencontres. Cela voulait dire que le Saint-Père n’était pas pour eux une star, une idole, mais seulement le témoin du Christ. Et c’est pour le Christ qu’ils se rendaient aux Journées Mondiales de la Jeunesse, pour le Christ qu’ils se confessaient et communiaient. Le Pape s’en réjouissait et continuait à être exigeant.

Avec l’accord de l’archevêque Mieczysław Mokrzycki – « Le mardi était son jour préféré »

Edition M, Cracovie 2008