Monseigneur Mieczysław Mokrzycki et le cardinal Stanisław Dziwisz habitait à côté. Les secrétaires n’étaient pas obligés d’habiter Au même étage que Jean-Paul II, car le Pape avait une sonnette. Lorsqu‘il avait besoin d’eux, il sonnait. Il le faisait rarement, car dans la journée, ils étaient ensemble la plupart du temps. Depuis la messe matinale jusqu’à la dernière prière du soir. Il arrivait cependant que le Pape sonnât sans avoir vraiment besoin d’eux. Cela avait lieu surtout à Castel Gandolfo, ou le système de sonnerie était semblable à celui du Vatican, et lorsque le Pape était particulièrement détendu. C’était comme un jeu pour lui, une sorte de blague. Il ne disait jamais qu’il s’agissait d’une blague, mais nous le savions. Car ce n’était pas une seule sonnerie, mais toute une série de petits coups de sonnette. Il sonnait – dring-dring-dring… Cela s’entendait dans toute la cour, très, très fort.
– Et qui se rendait alors chez le Saint-Père ?
– Nous y courions tous.
– Et que disait-il en vous voyant arriver ?
– Parfois, il demandait ou se trouvait une certaine sœur qui devait venir le voir et qui n’était pas venue. Parfois, il voulait nous poser une question ou nous voir, tout simplement. Mais nous avons appris à reconnaître les sonneries et à discerner s’il s’agissait d’un appel pour un réel besoin ou pour une blague. A Castel Gandolfo, j’habitais en face du père Stanislas, et après chaque sonnerie « ordinaire », je voyais s’il se rendait chez le Saint-Père ou non. S’il y allait, je n’y allais pas. S’il n y allait pas, je m’y précipitais. Et quand c’était une série de sonneries, nous nous y précipitions tous.
– Au Vatican, un système particulier indiquait si quelqu’un s’était rendu chez le Saint-Père.
– Au Vatican, lorsque le Saint-Père sonnait, une lumière verte s’allumait chez nous et chez sœurs, lumière qui s’éteignait lorsque quelqu’un se rendait chez lui. Mais au Vatican, il sonnait rarement, très rarement. Il pourvoyait lui-même à ses besoins. Il a essayé de le faire jusqu’au bout.
Avec l’accord de l’archevêque Mieczysław Mokrzycki – « Le mardi était son jour préféré »
Edition M, Cracovie 2008