Défense de la vie depuis la conception jusqu’à la fin naturelle, fut sûrement l’une des batailles les plus difficiles que le Saint-Père eût à soutenir. Il le fit souvent tout seul, délaissé par une opinion publique trop marquée par le conformisme, par l’égoïsme et par un attachement aveugle à une liberté sans limites et sans règle. Mais le pape fut délaissé aussi par des catholiques effrayés et peureux, des catholiques qui s’arrangeaient avec leur conscience et qui trouvaient sans doute plus commode de suivre les modes et les directions imposées par la soi-disant « majorité ». On oublie trop souvent que Jean-Paul II dut s’opposer à ce qui était une vraie « culture de la mort ». Une culture cautionnée par des organismes internationaux qui prenaient en otage les pays les plus pauvres, en conditionnant leurs aides à l’acceptation de programmes antinatalistes. Ce combat pour la famille et pour la femme, en défendant la « spécificité » de la femme et de sa nature profonde contre une radicale anthropologie postmoderne qui prétend nier la nature propre de l’homme et de la femme. Jean-Paul II fut seul non seulement dans son combat de la vie, mais aussi dans son combat pour la paix, dans le monde de nouveau traversé par la paix, dans le monde de nouveau traversé par des changements qui portaient en eux – comme des cellules malignes – des germes de destruction. Dans les pays de l’ex-bloc communiste, après la disparition du « parasol » marxiste paradoxalement protecteur et unificateur, étaient réapparus les spectres menaçants du nationalisme et du fondamentalisme. Les événements dramatiques dans les Balkans et les terribles massacres ethniques le confirmèrent malheureusement, si bien que la visite du papé à Sarajevo fut repoussée pendant trois ans.
C’est pour cela qu’en 1995, lorsqu’il se rendit pour la seconde fois aux Nations Unies, Jean-Paul II prit acte dans son discours, de la très grave crise qui entamait non seulement les relations internationales, mais ravageait aussi la vie des peuples à l’intérieur des États, surtout dans les nouveaux États. Face à un monde tiraillé, à la recherche d’un nouveau et fragile équilibre, le Saint-Père proposa une idée aussi simple qu’engageante et éclairante, d’un « droit des peuples » à la paix. Mais malgré cela, la situation du monde ne fit qu’empirer.
Avec l’accord du cardinal Stanisław Dziwisz « J’ai vécu avec un saint »
Edition – Wydawnictwo Św. Stanisława – Cracovie 2013