Cher Révérend Père, Monsieur le Président de la Fondation Jean-Paul II, membres de la Fondation, chers frères et sœurs.
Nous nous rassemblons aujourd’hui afin de remercier Dieu pour le grand don de saint Jean-Paul II. C’est une grâce particulière pour notre nation d’avoir la chance d’être la génération Jean-Paul II. Vous êtes nombreux à avoir écouté son enseignement en Pologne et peut-être en France. Pendant les 27 ans de son pontificat nous étions nombreux à se rendre à Rome pour prier avec le Pape. Nous remercions Dieu pour ce privilège que nos ancêtres n’ont pas eu.
La liturgie de ce jour nous présente Jésus, le Bon Pasteur qui enseigne et qui guérit. Saint Luc le décrit fidèlement en se basant sur les récits des témoins oculaires. Ces paroles étaient transmises aux plusieurs générations pendant des siècles. Elles nous ont été transmises à travers le baptême et les autres sacrements par nos paroisses, nos prêtres et nos parents qui nous ont appris les premières prières, le signe de la croix et le catéchisme.
Il en était de même dans la vie de saint Jean-Paul II. Les parents de Karol Wojtyła, Emilia et Karol, l’ont amené à l’église de Wadowice en demandant de le baptiser. Pendant plusieurs années ils lui ont assuré une bonne éducation catholique. En regardant la vie de Karol Wojtyła, pensez-vous qu’elle était facile ? Pendant la grossesse le médecin traitant suggère à sa mère Emilia d’avorter à cause de sa santé fragile. Mais elle, en bonne mère polonaise, refuse et met au monde un enfant en bonne santé – le futur pape. Lorsque Karol a 9 ans sa mère meurt. Quelques années plus tard il perd son grand frère qui meurt en voulant sauver une femme atteinte de la scarlatine. Après le bac il déménage avec son père à Cracovie où il commence ses études à l’Université Jagellone, en pensant que ce serait plus facile. Malheureusement arrive la période de l’occupation. En 1941 son père meurt en le laissant tout seul. Il travaille durement dans la carrière de Solvay pour gagner son pain quotidien. Même si c’est dur pour lui-même il aide les autres à surmonter la rude période de l’occupation. Il entre au séminaire clandestin du cardinal Sapieha et en 1946 il est ordonné prêtre. Après ses études à Rome il devient professeur à l’Université Catholique de Lublin. On pourrait croire à une période de tranquillité. Mais Dieu a d’autres plans envers lui. Il devient d’abord l’évêque auxiliaire, puis l’archevêque de Cracovie. En 1967 le pape Paul VI le nomme cardinal. Les autorités communistes de l’époque essayent à tout prix de le brouiller avec le grand Primat du Millénaire le cardinal Wyszyński mais il reste fidèle à Dieu et à l’Eglise jusqu’au bout. Le 16 octobre 1978 il est élu pape. Certains disaient que la vie serait plus facile pour lui …, mais la main assassine de Ali Agca essaye de le tuer. Le 13 mai 1981 des coups de feu éclatent sur la place de Saint Pierre mais la Mère de Dieu sauve le pape (le 13 mai c’est la fête de Notre-Dame de Fatima). L’année suivante il part pour Fatima avec une balle extraite de son corps et la met dans la couronne de Notre-Dame de Fatima, en la remerciant de lui avoir sauve la vie : « C’est Toi qui a sauvé ma vie ! Je Te remercie Mère de Fatima pour la vie ». Toute la vie de Karol Wojtyła était confiée à Marie, Mère de Dieu. « Totus Tuus » – je suis tout à Toi.
Aujourd’hui avec du recul, nous voyons le grand rôle de Marie, Mère et Reine de l’univers. Un jour, un missionnaire d’Afrique m’a raconté une rencontre avec un indigène. Il récitait son bréviaire dans le train. Dans le bréviaire se trouvait une image de la Mère de Dieu de Jasna Góra, aussi belle que celle qui se trouve dans votre sanctuaire. Quand l’indigène est entré dans le compartiment il a aperçu la belle image de femme, ne sachant pas que c’était la Mère de Dieu. Il a demandé au missionnaire : « Est-ce ta maman ». Le missionnaire, très surpris par la question lui a répondu : « Non, ce n’est pas ma maman », en pensant à sa mère terrestre. Après un instant de réflexion il a dit : « Bien sûr, elle est ma Mère » et il a rajouté : « Elle est la meilleure Mère. Comment moi, missionnaire et prêtre, ai-je pu dire qu’elle n’était pas ma Mère ? ». Jean-Paul II disait toujours qu’il avait la Mère Céleste qui avait pris la place de sa mère après son décès. Souvenez-vous de ses pèlerinages à Kalwaria Zebrzydowska ou à Jasna Góra. Il s’agenouillait toujours devant Sa face en lui confiant sa vie et le monde entier. Aujourd’hui je demande à chacun de vous : la Mère de Dieu est-elle présente dans ta vie ? Quel rôle joue Marie dans ta vie ? Surtout en exil, ici à Paris, loin de la maison familiale. Quand c’est dur et difficile pour vous, lorsque la souffrance fait couler des larmes, arrive le moment de réflexion et peut-être d’ardente prière à Marie : « Mère de Dieu aide-nous ! ». Aujourd’hui, en remerciant la Mère de Dieu pour son aide et sa sollicitude, je voudrais remercier aussi les mères terrestres, plus particulièrement celles qui sont présentes ici, pour votre témoignage de vie, pour le don de la vie et pour la foi et les prières que vous avez transmises. Saint Jean-Paul II n’a jamais été déçu d’avoir confié toute sa vie à Marie. La tentative de Ali Agca n’a pas abouti car c’est la Mère de Dieu qui l’a sauvé le 13 mai. Cinq mois après il crée la Fondation Jean-Paul II et ses statuts. La mission de la Fondation consiste à préserver et développer l’héritage spirituel de Jean-Paul II et de la culture chrétienne, à apporter une aide éducative et boursière aux jeunes issus des anciennes républiques soviétiques et de l’Europe de l’Est, ainsi qu’à l’étude et la documentation du pontificat tout en popularisant l’enseignement de Jean-Paul II. D’abord la Fondation se développait dans les milieux d’immigration polonaise en France, aux Etats Unis, en Allemagne et en Grande Bretagne. Actuellement elle fonctionne dans 18 pays du monde entier.
Aujourd’hui je voudrais remercier le président M . Brzakowski et tous les membres de la Fondation à Paris d’avoir entrepris cette particulière mission de porter au monde le message de saint Pape. Jean-Paul II nous a confié cette mission de ne pas l’oublier et de transmettre son grand héritage aux autres. Je remercie également tous les Polonais de la paroisse de l’Assomption de la Vierge Marie à Paris, pour votre témoignage de foi, d’être venu prier et remercier Dieu pour notre compatriote saint Jean-Paul II, malgré la pluie. Puisse-t-il intercéder auprès de Dieu pour toutes vos intentions ! Que la Mère de Dieu soutienne votre paroisse et vous-mêmes sur le chemin vers le Père qui est au ciel ! Amen.
Krzysztof Wieliczko, OSPPE Paris, le 27 janvier 2019
Traduit du polonais par Czeslaw Noster
