Ce mercredi est différent de tous les autres. Une seule fois dans l’année nous nous rassemblons à l’église un mercredi soir pour entamer une période liturgique très importante, le Carême. C’est le temps où nous sommes appelés plus particulièrement à nous reconvertir, à avoir plus d’ardeur dans la prière et à la générosité dans l’aumône, afin de se préparer le mieux possible à la fête des Pâques.
Nous commençons le temps du Carême. Malgré l’heure tardive, la fatigue, le froid et la pluie, nous sommes très nombreux à la Messe du soir, célébrée par notre curé le père Jarosław Koch SChr et concélébrée par le supérieur provincial le père Jan Ciągło SChr. Peut-être certains parmi nous ont déjà une idée de leur Carême. Car chacun porte dans son cœur une image de cette période et des différentes pratiques afin de se préparer à la plus grande fête de l’année liturgique pendant laquelle nous allons nous réjouir de la Résurrection du Christ. Afin de bien vivre le Carême nous devons prendre conscience de ce qu’il doit être pour chacun de nous. La liturgie de ce jour nous vient en aide. Elle est exceptionnelle et forte dans ses symboles. Quand nous baissons nos têtes sur lesquelles les prêtres mettent des cendres, nous entendons les paroles: « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile » ou bien « Souviens-toi que tu es né poussière et tu redeviendras poussière ». C’est surtout la deuxième phrase qui marque plus particulièrement le caractère du Carême. On pourrait croire qu’elle parle de notre mort et qu’elle dit que nous ne valons rien comme la poussière. Cette phrase est tirée du livre de la Genèse de l’Ancien Testament. Ces paroles ont été dites à Adam et Eve qui vivaient au paradis. En disant cela Die parlait de la poussière qui venait du paradis. On peut donc traduire cette phrase : « Tu viens du paradis et tu retourneras au paradis ». « Tu es de la terre du paradis et tu retourneras dans la terre du paradis » car nous venons de là-bas. « Qu’est-ce que le paradis ? » – demandait dans son homélie le père Jarosław Koch. – Le paradis est l’endroit où il n’y a pas de souffrance, ni de mal, ni de péché. C’est l’endroit où l’on ressent plus particulièrement la proximité de Dieu. Essayons pendant le Carême de nous rapprocher encore plus de Dieu afin de vivre une relation exceptionnelle avec Lui. Débarrassons-nous de tout ce qui nous empêche de Le rencontrer. Chaque année l’Eglise nous rappelle la prière, le jeûne et l’aumône pendant le Carême, mais peut-être comme tous les ans nous ressentons une déception… ? Peut-être nous ne bénéficions pas suffisamment de cette période …? C’est pourquoi dès aujourd’hui, en ce jour de mercredi des Cendres prions Dieu de nous donner, par l’action de l’Esprit Saint, la force et la volonté d’être assidu. Pour qu’on n’abandonne pas sous prétexte d’être fatigué, d’être débordé au travail et à la maison. Demandons à l’Esprit Saint de nous rendre capables d’aller au-delà de nos activités quotidiennes et de désirer plus particulièrement, comme au paradis, de rencontrer Dieu. Pour qu’il nous conduise sur les chemins tortueux de la reconversion. Acceptons de recevoir les cendres sur nos têtes et abaissons-nous humblement devant le Seigneur afin qu’Il puisse un jour nous élever.
Texte : Elisabeth Noster
Photos : Zbigniew Adamek