Journée type du Pape– première partie

Journée type du Pape– première partie

Revenons maintenant au Vatican pour raconter un jour de la semaine du Pape. N’oublions pas que Jean-Paul II était perfectionniste. Comme il voulait optimiser son temps, il planifiait toutes ses activités : prière, travail, rencontres, repas qui donnaient une occasion de discuter avec les invités, repos. Il faudrait rappeler les conditions d’habitation de Karol Wojtyła au Vatican. Son appartement privé se composait d’une chambre qui servait aussi du bureau, séparé par un paravent, équipé d’une petite table et d’un fauteuil. Tout était simple, presque austère, ce qui correspondait à sa personnalité et son manque d’intérêt pour le confort. Ici comme à Cracovie il vivait très modestement, il pratiquait une pauvreté extrême. Il le faisait sans aucune ostentation ce qui impressionnait beaucoup. Il ne possédait rien et il ne demandait jamais rien. Il ne s’occupait pas de l’argent et il ne touchait aucun « salaire » du Saint-Siège. Le Secrétariat d’Etat était chargé de régler les dépenses générées par ses activités. On pouvait dire que le Pape était « riche » mais il n’avait pas un sou pour lui. Le Saint-Père commençait sa journée tôt le matin. Il se levait à 5h30 et dès qu’il était prêt il se rendait dans la chapelle pour l’office des matines, la méditation et l’adoration. La Messe était célébrée à 7h00 avec la présence des fidèles, des prêtres et des évêques. Les invités (50 personnes maximum) voyaient souvent le Pape agenouillé, les yeux fermés, en pleine immersion en Dieu, presque en extase. Certains disaient qu’il « donnait l’impression de parler avec l’Invisible ». Les évêques et les prêtres concélébraient la Messe. Pour les fidèles c’était une grande expérience spirituelle, très importante pour le Saint-Père (…). Le Pape était très sensible à la souffrance des femmes et des hommes du monde entier. Le tiroir de son prie-Dieu était rempli d’intentions de prières. Les demandes venaient des malades du sida et du cancer. Une lettre d’une maman implorant la prière pour son fils de dix-sept ans dans le coma. Des lettres des familles en situation très difficile. De nombreuses lettres de couples stériles qui remerciaient le Pape d’avoir exaucé leur prière. Après le petit-déjeuner Jean-Paul Ii se rendait dans son cabinet où il prenait des notes, écrivait ses homélies et préparait ses discours. Après la fracture de l’épaule il dictait les textes à un prêtre polonais, d’abord le père Stanisław, puis le père Paweł qui se servait d’un ordinateur portable et qui traduisait ensuite les textes en italien. Souvent le Pape demandait à « son assistant », après avoir fini de dicter : « Qu’en penses-tu ? ». Il partageait son temps entre le travail et la fervente prière. On pouvait dire qu’il n’arrêtait pas de prier pendant toute la journée. Souvent un des secrétaires en le cherchant le trouvait dans la chapelle : allongé au sol en forme de croix, plongé entièrement dans ses prières ou bien en train de chanter à mi-voix pendant l’adoration quotidienne.

Le Cardinal Stanisław Dziwisz – « Témoignage »

Traduit du polonais par Czeslaw Noster