En fin de journée il recevait ses plus proches collaborateurs en audiences du soir. Le lundi et le jeudi – le secrétaire d’Etat, le mardi – le substitut, le mercredi – le secrétaire de la deuxième section du Secrétariat d’Etat, appelé par les journalistes « ministre des affaires étrangères », le vendredi – le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (le cardinal Joseph Ratzinger depuis 1981) ou son secrétaire, le samedi – le préfet de la Congrégation pour les Evêques. Ensuite c’était le temps du dîner partagé aussi avec des invités : représentants de la curie romaine, directeurs du bureau de presse et de « L’Osservatore Romano », collaborateurs avec qui le Saint-Père préparait ses discours ou le plan de travail, amis venus à Rome comme le père Tadeusz Styczeń, son successeur à la faculté d’Ethique à l’Université Catholique de Lublin et avec qui il passait les vacances. La maison de Jean-Paul II était toujours ouverte car le Pape aimait rester avec des gens et les écouter, il s’intéressait à leurs problèmes et il abordait plusieurs sujets. Il avait aussi des contacts privilégiés avec des personnalités politiques italiennes comme le président de la République Sandro Pertini qui était très proche du Pape. Après l’attentat sur le Saint-Père il est resté à la clinique Gemelli jusqu’à la fin de l’opération. Il lui téléphonait souvent, il venait même lui dire au revoir avant de partir en vacances. Il faut aussi mentionner le président Carlo Azeglio Campi et son épouse, toujours très soucieuse de l’état de la santé du Saint-Père. Le Pape voulait être toujours informé de tout. Il lisait la revue de presse et « L’Osservatore Romano », le soir il regardait la télé. Le poste de télé se trouvait à gauche de la salle à manger. Il regardait la première partie du journal, mais aussi des vidéos avec des films documentaires ou parfois des fictions. Après le dîner il s’occupait des documents venant du Secrétariat d’Etat, toujours dans la même vieille serviette usée. Puis il consacrait le temps pour la lecture personnelle, des œuvres littéraires et des livres qui l’intéressaient. Ensuite il se rendait dans la chapelle pour une dernière conversation avec le Seigneur. Tous les soirs avant de se coucher, il regardait la ville de Rome toute illuminée par la fenêtre de sa chambre et la bénissait. Il terminait la journée en faisant un signe de croix au dessus de « sa ville » et se retirait pour se mettre au lit.
Cardinal Stanisław Dziwisz « Témoignage »
Traduction du polonais – Czeslaw Noster