John Paul II Foundation

Nous sommes arrivés avec vingt minutes de retard.

– A quoi ressemblait la fête de Pâques à la maison ?

– Le Dimanche était très familial. Le matin, les sœurs préparaient le petit-déjeuner : des œufs, de la charcuterie, des fromages, des gâteaux de Pâques polonais typiques. Il y avait aussi des œufs de Pâques peints par les sœurs, tout cela selon la tradition polonaise. Le Saint-Père bénissait la nourriture. Ensuite, nous partagions les œufs de Pâques en nous souhaitant mutuellement que la santé, la force et les grâces divines abondent sur nous. Nous prenions le petit-déjeuner de Pâques entre nous : le Saint-Père, les sœurs et les secrétaires.

Une histoire est liée à la période de Pâques, l’histoire d’un retard spectaculaire qui a battu tous les records. Ce n’était un mystère pour personne que Jean-Paul II arrivait souvent en retard pour des rencontres, aux repas et même pour des messes. Il y avait habituellement une seule raison à cela. Il priait quelque part, il était étendu en croix dans la chapelle, récitait dans sa chambre, méditait la Parole de Dieu.  Je me souviens que c »était au moment du passage de l’heure d’hiver à l’heure d’été. Il tombait justement le Dimanche de Pâques. Cela avait échappé au Saint-Père, il n’y avait pas prêté attention. Il devait encore réciter l’office des Matines, méditer un texte biblique, et il lui fallait déjà se rendre à la palace Saint-Pierre pour y célébrer la messe de dix heures, si je me souviens bien. Tout le monde s’inquiétait de ne pas voir arriver le Pape. Ils attendaient, les minutes passaient. Nous faisions l’impossible pour « envoyer » le Saint-Père le plus vite possible, mais nous ne voulions pas non plus l’arracher à sa prière. Nous sommes arrivés à la place Saint-Pierre avec  vingt minutes de retard. Et cette messe était retransmise dans le monde entier. Nous en avons ri par la suite, mais en route vers la place Saint-Pierre, nous ne trouvions pas cela très drôle. C’était en 1998, si je ne me trompe pas .

Avec l’accord de l’archevêque Mieczysław Mokrzycki – « Le mardi était son jour préféré »

Edition M, Cracovie 2008