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« La souffrance nous a unis… Mais vous êtes sauvés mon Père »

Après un court repos, le Pape s’est de nouveau réveillé tôt le matin, il m’a de nouveau regardé, cette fois-ci consciemment et – ce qui est incroyable – a demandé : « Ai-je récité les complies ? ». Il croyait qu’on était toujours mercredi 13 mai. Les premiers jours étaient terribles. Le Saint-Père priait tout le temps et il souffrait, il souffrait terriblement. Mais sa plus grande souffrance intérieure, profonde et durable, était la mort du cardinal Wyszyński. J’ai vu le Primat deux jours avant l’attentat dans sa résidence à Varsovie, cloué au lit à cause de sa grave maladie. Le Saint-Père m’a envoyé là-bas afin que je le rencontre. Le cardinal savait que c’était la fin mais il était serein, il s’était entièrement confié à la volonté de Dieu. Nous avons longuement discuté, il voulait transmettre au Pape sa dernière volonté. Quand il a appris l’attentat et que la vie du Saint-Père était menacée, le cardinal Wyszyński s’est en quelque sorte accroché convulsivement à la vie, il ne voulait pas partir avant d’avoir l’assurance…  Et c’est pourquoi son insupportable agonie a duré trois semaines. Il a fermé ses yeux quand on lui a dit que la vie du Pape n’était plus en danger. Je me rappelle avec émotion la dernière courte conversation téléphonique entre le Primat mourant et le Pape toujours très faible. On pouvait entendre la faible, à peine audible voix du cardinal : « La souffrance nous a unis…. Mais vous êtes sauvé, mon Père ». Le Pape ne voulait pas prononcer ces paroles car il savait c’était leur ultime adieu : « Oui, oui. Je bénis Ta bouche … Je bénis Tes mains … ». La vie de Jean-Paul II était toujours en danger. Après son retour au Vatican il ne se sentait pas très bien, il avait de la fièvre et des douleurs de plus en plus fortes. Il a fallu retourner à la clinique Gemelli où, après avoir décelé le menaçant virus, nommé citomégalovirus, il a subi une deuxième opération d’ablation de fistule. Cette fois-ci l’opération a été réussie sans aucune complication. Le 14 août, la veille de l’Assomption le Saint-Père a pu définitivement rentrer à la maison.

Avec l’accord du cardinal Stanisław Dziwisz – « Le témoignage »

Edition TBA, Varsovie 2007