Journée type du Pape – deuxième partie

Excepté le mercredi, le jour des audiences générales, les audiences privées et les visites officielles commençaient à 11h00. Le Saint-Père recevait des personnes individuelles ainsi que des groupes : évêques, chefs d’Etats et de gouvernements, représentants du monde de la culture, personnalités de différents pays. Au début du pontificat les audiences duraient parfois jusqu’à 14h30. Le Pape ne renvoyait personne, il n’interrompait jamais une conversation, il permettait que la personne en face dise tout ce qu’elle avait sur le cœur. Au fil du temps les audiences ont été écourtées. Le temps du déjeuner s’approchant le Pape invitait toujours d’autres personnes à table. Ainsi il apprenait ce qu’il se passait dans le monde et dans les communautés chrétiennes (…). Le plus souvent le Pape écoutait ou posait des questions, il s’informait sur une situation ou un problème précis.  Pendant le repas il s’asseyait dos à la cuisine, sur un des côtés longs de la table rectangulaire. S’il n’y avait que 3 ou 4 invités, ils s’asseyaient en face. S’ils étaient plus nombreux, ils s’asseyaient des deux côtés de la table, à droite s’asseyaient habituellement les secrétaires particuliers. (…)D’habitude nous mangions la cuisine italienne, d’abord les pâtes, puis la viande avec des légumes. On buvait de l’eau et un peu de vin rouge. Le soir il mangeait habituellement une soupe et du poisson. Seulement à l’occasion des grandes fêtes la cuisine polonaise était mise en valeur et les sœurs pouvaient montrer leurs talents : en entrée le borchtch ou une autre soupe, en plat principal la fameuse côte de porc avec des pommes de terre et des crudités, puis de la pâtisserie : gâteau au pavot ou au fromage blanc comme dessert. Le Pape mangeait peu mais il goûtait tout ce qui était servi. Cette habitude de modération remontait au temps de la jeunesse pendant la guerre quand il était difficile de trouver un morceau de pain ou quelques pommes de terre. Depuis ce temps-là la nourriture n’avait pas de grande importance pour Karol Wojtyła. Il raffolait plus particulièrement des sucreries, surtout italiennes, il aimait aussi le café qu’il prenait le matin et l’après-midi. Au fil des années il avait besoin d’un repos plus long après le déjeuner, accompagné d’une prière. En effet, chaque fois que c’était possible, pratiquement jusqu’à la mort, il sortait sur la terrasse, aussi bien en été qu’en hiver. C’était son endroit préféré. Il s’arrêtait pour contempler devant les différents tableaux, surtout devant un petit autel de Notre-Dame de Fatima. Il récitait le chapelet, toujours en entier, c’était sa prière préférée. Le jeudi il célébrait l’Heure Sainte et le vendredi – le Chemin de Croix, indépendamment de l’endroit où il se trouvait, même en avion ou à bord d’un hélicoptère, comme pendant le vol en Galilée. Pour lui la Messe, la récitation du bréviaire, l’adoration fréquente du Très-Saint Sacrement, le recueillement, les prières, la confession hebdomadaire, les pratiques religieuses (il pratiquait le jeûne intégral jusqu’à un âge avancé), étaient les éléments essentiels de sa vie spirituelle, de sa proximité perpétuelle avec Dieu. Je voudrais dire que cela n’avait absolument rien à voir avec une dévotion malsaine. Il était amoureux de Dieu. Il vivait par Dieu. Chaque jour il commençait à nouveau. Il trouvait toujours de nouvelles paroles pour prier et pour parler avec Dieu.

Cardinal Stanisław Dziwisz « Témoignage » Traduction du polonais – Czeslaw Noster