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Je pense que nous serons bien ensemble

Je n’étais pas préparé, je n’ai pas fait d’école de diplomatie. J’ai fait seulement un doctorat en théologie – raconte-t-il avec une franchise déconcertante. Il a vite compris que Jean-Paul II ne cherchait pas un diplomate. Après un Irlandais, un Zaïrois et un Vietnamien, il voulait avoir un deuxième Polonais à ses côtés. Depuis le début « Stasiu » était à ses côtés, c’est par ce diminutif que le pape s’adressait au père Stanisław Dziwisz. Le Mercredi des Cendres en 1996 arrive « Mieciu » – c’est encore par un diminutif qu’il s’adressait au père Mieczysław Mokrzycki. L’ambiance dans les appartements du pape est devenue encore plus polonaise, encore plus familiale.  C’était familial, discret, parmi les siens. La discrétion était de plus en plus souhaitable car la Pape vieillissait et devenait de plus en plus malade. Il avait besoin de quelqu’un capable non seulement d’organiser le travail de la chancellerie mais aussi de soutenir dans un moment de faiblesse, d’aider à la toilette et à se changer. (…) –  Comment était votre première rencontre, celle par laquelle tout a commencé ? –  Le Saint-Père m’a invité dans son cabinet et il a dit : « J’aimerais que vous travailliez avec moi ici, en aidant le père Stanislaw. Je pense que nous serons bien ensemble ». C’étaient des paroles très simples. Je me suis réjoui et je l’ai remercié. –  Avez-vous eu un peu peur ? –  J’avais déjà eu l’occasion de rencontrer le Saint-Père mais dans des circonstances totalement différentes. Ce n’était pas dans l’appartement privé du Saint-Père. –  Qu’est ce que vous craigniez le plus ? –  De ne pas être à la hauteur car je n’étais pas préparé. Cette appréhension a vite disparu car j’ai compris que le Saint-Père ne cherchait pas diplomate instruit. Il accueillait chacun comme il était, avec ce qu’il pouvait donner à son prochain. Répondre au mieux à l’appel, aux besoins du Saint-Père était très mobilisant. J’allais à chaque rencontre sereine, sans stress, sans inquiétude. Avec l’accord de l’archevêque Mieczysław Mokrzycki – « Le mardi était son jour préféré » Edition M, Cracovie 2008