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Je l’ai toujours accompagné et il est parti d’ici seul

Le moment d’adieu est arrivé. Partout d’innombrables foules, des personnalités venues de loin. Mais avant tout son peuple et sa jeunesse, avec ces banderoles très significatives et pressantes. La place Saint-Pierre était remplie de luminosité. La luminosité est aussi revenue dans mon âme. A la fin de son homélie, le cardinal Ratzinger a montré la fenêtre en disant qu’il était certainement là-bas, qu’il nous regardait et nous bénissait. Moi aussi, j’ai tourné la tête vers cette direction, comment aurai-je pu ne pas me retourner ? Mais je n’étais pas capable de regarder vers le haut. A la fin, lorsque le cercueil est arrivé près de l’entrée de la basilique, les porteurs l’ont retourné vers les fidèles afin qu’il puisse regarder une dernière fois la Place. Et faire ses adieux avec les fidèles, avec le monde. Mais aussi avec moi… Non, pas avec moi. A ce moment là je ne pensais pas à moi. Je partageais l’émotion avec les autres. Tout le monde était ému et bouleversé. C’était pour moi le moment que je n’oublierai jamais. Pendant que le cortège entrait dans la basilique pour déposer le cercueil dans le tombeau dans la grotte, j’étais plongé dans mes pensées… Je suis resté avec lui près de quarante ans. D’abord pendant douze ans à Cracovie, puis pendant vint-sept ans à Rome. Toujours avec lui et à ses côtés. Et maintenant, au moment de la mort, il est parti seul. C’est le fait de ne pas pouvoir l’accompagner sur ce chemin qui m’a le plus bouleversé. Il ne nous a pas abandonné. Nous ressentons sa présence. Nous recevons de nombreuses grâces par son intercession. Je l’ai accompagné jusqu’à ce moment-là. Il est parti seul. Et maintenant ? Qui l’accompagne de l’autre côté… ?

Le cardinal Stanisław Dziwisz – « Témoignage »