📷 L'Osservatore Romano

Il souriait mystérieusement

Les diners étaient légers. Un bouillon ou une soupe de légumes, mais pas la soupe polonaise épaisse, plutôt une soupe légère, à l’italienne. Ensuite, éventuellement un morceau de viande. D’habitude, les sœurs ne servaient pas de dessert, car la Saint-Père faisait attention à sa ligne. Mais il aimait tant les sucreries qu’assez souvent, il faisait signe aux religieuses pour demander quand même un gâteau sec. Ce petit signe, nous le connaissions tous. Le Saint-Père n’avait nullement besoin de parler. Simplement, sans même regarder du côté des sœurs, il dessinait de l’index un petit cercle sur la table. Et il dessinait, encore et encore. Il souriait alors mystérieusement. C’était très drôle. Et les sœurs n’avaient pas le choix, elles finissaient toujours par apporter des gâteaux secs.

Durant le diner, ils parlaient de la journée écoulée, de ce qui s’était passé, des rencontres qu’ils avaient eues. C’étaient eux, les secrétaires, qui parlaient. Car la Saint-Père avait plutôt l’habitude d’écouter. Parfois, il les interrogeait sur le programme du lendemain. Il en était presque toujours ainsi, paraît-il. Il préférait écouter. C’est pourquoi Mieciu parlait de la vie, de l’Eglise. Comme il le dit lui-même, rien d’extraordinaire. Jean-Paul II écoutait attentivement. Il écoutait et acquiesçait d’un signe de la tête. Il n’a jamais été exubérant.  Ses proches savaient fort bien qu’il n’avait pas à poser des questions pour savoir et comprendre pour appuyer une cause par la prière. Mais on pouvait lui confier ses soucis. Et on le faisait. Mieciu lui en confiait également. Le Saint-Père disait toujours : « Nous allons donc prier » – raconte Mgr Mieczysław Mokrzycki. Il ne questionnait pas, il ne réconfortait pas. On pouvait penser qu’il était sévère et froid. Mais je savais que je pouvais toujours compter sur le Saint-Père. Il nous prenait sous sa protection, il nous portait dans sa prière. Tous les jours, il nous bénissait.

Avec l’accord de l’archevêque Mieczysław Mokrzycki – « Le mardi était son jour préféré »

Edition M, Cracovie 2008