John Paul II Foundation
„Wasza Świątobliwość … Włochy – Polska 2:0”

Il savait se réjouir comme un enfant

Je n’ai jamais eu de doute que je servais un saint. J’ai été deuxième secrétaire de Jean-Paul II pendant les neuf dernières années de sa vie. Je voyais sa sainteté de près, je voyais comment il vivait par Dieu, comment il commençait la journée allongé par terre en position de croix dans sa chambre et comment il la terminait par « l’Appel de Jasna Góra ». Il priait pour toute personne rencontrée, avant et après la rencontre. Lorsque quelqu’un des résidents de la maison avait un souci il répondait : « nous allons prier ». La prière était l’essence de sa vie et le remède pour tout mal. Il ne se séparait jamais de son chapelet. Il transférait ses propres soucis sur la terrasse de son appartement où il parcourait le chemin de croix avec le Christ, station par station. L’artiste avait une vision et à la cinquième station il a sculpté Jean-Paul II à la place de Simon de Cyrène. Ce chemin de croix de la terrasse du pape était très symbolique. C’était le Saint-Père qui aidait le Christ à porter la croix. Je pense que c’était l’image de toute sa sainte vie. Il portait cette croix avec le Christ durant toute sa vie. Toute la vie, chaque jour. Et à côté de cela il savait se réjouir comme un enfant, comme de la première étoile à Noël et des cantiques de Noël chantés ensemble. Il arrivait même qu’il chantait les cantiques par téléphone avec des amis de Cracovie. Ses yeux brillaient quand il regardait le petit Jésus dans la crèche. Il aimait regarder la crèche de la place Saint-Pierre et il était heureux de voir des gens prier devant elle. Il tenait à ce qu’on comprenne l’essentiel de la scène, que Dieu est en train de naître pour partager avec nous notre vie terrestre et pour mourir sur la croix pour nos péchés. Lorsqu’il partait pour la Maison du Père je regardais son visage serein et je pensais que les saints mouraient de cette manière-là. Jean-Paul II était beau quand il mourait. Sa peau était lisse, comme si soudainement elle était devenue plus jeune. Aucune grimace de souffrance. Totus Tuus. Comme s’il était déjà dans les bras de la Mère de Dieu. Comme s’il se sentait déjà accueilli par Son Fils. C’était une grande grâce pour moi d’avoir pu le servir, d’avoir été près de lui lorsqu’il mourait.

Avec l’accord de l’archevêque Mieczysław Mokrzycki – « Une place pour tout le monde »
Editions Znak, Cracovie 2013
Traduit du polonais par Czesław Noster