Tatr ani Bieszczad w Watykanie nie miał.

Il n’avait ni Tatras ni Bieszczady au Vatican

Le Carême était visible partout, à table et dans les appartements du pape. Il y avait moins de fleurs – dit  l’Archevêque. – La couverture de l’autel, le rideau du tabernacle ainsi que les vêtements liturgiques étaient devenus violets. L’ambiance de recueillement mais pas de tristesse s’installait aussi chez nous. Le vendredi on célébrait le chemin de croix sur la terrasse ou dans la chapelle, le dimanche nous chantions les lamentations. Nous chantions seuls, sans invités car le Saint-Père tenait à une ambiance d’intimité. Il célébrait le chemin de croix en solitaire sur la terrasse où il a demandé de l’installer, ainsi qu’un prie-Dieu. Il voulait sans doute avoir un endroit où il pouvait être seul à seul avec Dieu. La terrasse pleine de verdure offrait un espace de promenade. Le Saint-Père depuis toujours aimait prier en plein air. Il n’avait ni Tatras ni Bieszczady au Vatican mais il avait sa terrasse. Il sortait pour prier sur la terrasse chaque fois quand il avait un souci. Selon l’archevêque l’auteur du chemin de croix était un artiste de Milan. Toutes les stations faites en bronze tenaient sur le même mur. Une station représentait Jean-Paul II qui aidait Jésus à porter la croix, au lieu de Simon de Cyrène. La XIIIe station était aussi différente des autres. C’était le Père Pio et la Mère Térésa qui descendaient Jésus de la croix. De leur vivant ils apportaient  tous les deux un grand soutien au Saint-Père, ils avaient une relation très particulière avec lui. Quelle symbolique ! C’est Jean-Paul II qui les a canonisés. Ils l’attendaient certainement quand il est parti dans la Maison du Père. Ils l’ont descendu de la croix … comme ils descendaient le Christ sur le chemin de croix de la terrasse. Mgr Mokrzycki regrette de n’avoir que quelques photos de ce chemin de croix sur la terrasse. Il raconte que Adam Bujak avait pris une belle photo de Jean-Paul II agenouillé devant ce chemin de croix. Le Saint-Père  revivait ce chemin très profondément et il voulait être toujours seul. C’était sa rencontre personnelle avec le Christ qui allait mourir. Il ne nous a jamais invités. Je ne l’ai jamais vu inviter personne.

Avec l’accord de Mgr Mieczysław Mokrzycki – « Une place pour tout le monde » Editions Znak, Cracovie 2013 Traduction du polonais – Czeslaw Noster