Jan Paweł II i Mikołaj
📷 Tadeusz Warczak

C’était une joyeuse tradition du Pape

Un beau jour, j’ai demandé à Mgr Mieczysław Mokrzycki ce qui l’avait surpris chez Jean-Paul II, vraiment surpris, au point de se dire : je ne me serais jamais attendu à cela de la part du Saint-Père. À ma question banale, j’ai reçu une réponse pas banale du tout : « Saint Nicolas »

J’ai été très surpris le 6 décembre de la première année de mon ministère. Une des sœurs est arrivée déguisée en saint Nicolas. Il y avait également des anges, et des cadeaux pour chacun. Cela m’a fort surpris. Car nous étions des adultes. Nous et les sœurs aussi. Mais cette fête était toujours célébrée dans la maison du Saint-Père, de manière fidèle à nos souvenirs d’enfance.

– De quelle manière, exactement ?

– Après le dîner, saint Nicolas entrait au réfectoire avec une clochette et des angelots. Bien entendu, il avait un sac de cadeaux. Au début, il y avait une partie humoristique, artistique, pourrait-on dire. Saint Nicolas avait toujours quelque chose à dire au sujet du Saint-Père, des secrétaires ou des sœurs. Qui était sage et qui ne l’était pas. Ensuite, on procédait à la distribution des cadeaux.

– Que receviez-vous ?

– De petits cadeaux symboliques : des bonbons, une écharpe, parfois une chemise.

– Et le Saint-Père, que recevait-il, la même chose ?

– Oui, mais surtout des bonbons et des chocolats qu’il aimait tant, parfois des fruits. Je me souviens aussi d’une écharpe et de gants.

– En était-il ainsi chaque année ?

– Oui, le Saint-Père aimait beaucoup cela. C’était une joyeuse tradition du Pape. Elle existait lorsque je suis arrivé, et elle a continué jusqu’à la fin. Chaque année, les sœurs organisaient la fête de Saint-Nicolas. Elles savaient combien le Saint-Père appréciait cela. Cela évoquait peut-être au Saint-Père ses souvenirs d’enfance, Wadowice. Il riait sincèrement lorsque saint Nicolas lui donnait des cadeaux. Et nous riions avec lui.

– Qui faisait saint Nicolas, laquelle des sœurs ?

– Ceci est notre secret. Je ne dirai rien, car je me ferais ensuite gronder par les soeurs.  En revanche

I l n’y avait  pas de cadeaux sous les sapin de Noël. Jusqu’à la fin, ils sont restés l’apanage exclusif de saint Nicolas, le 6 décembre.

Avec l’accord de l’archevêque Mieczysław Mokrzycki – « Le mardi était son jour préféré »

Edition M, Cracovie 2008