📷 G.Giuliani / East News

C’étaient les moments de la journée qu’il aimait le plus

Après le diner, le Saint-Père allait dans son bureau, pour y travailler encore jusqu’à 21 h ou 21 h 30. Il lisait, écrivait, travaillait sur des documents. Vers 22 h ou 22 h 30, il se rendait une dernière fois à la chapelle. C’était une prière privée. On peut dire que c’était son « Appel de Jasna Góra ».

– Priait-il longtemps avant de se coucher ?

– Il faisait une courte visite à la chapelle.

– N’était-il pas fatigué par une journée aussi longue ?

– Il se mettait au lit vers 22 h 30 ou 23 h. Il avait un organisme très résistant. Six heures de sommeil lui suffisaient, il se levait reposé et en bonne forme. Il était fort, il récupérait rapidement ses forces. Cela se voyait au cours de la journée. Il lui suffisait de s’allonger un quart d’heure et la fatigue disparaissait. Il en allait de même lors de ses voyages. Des milliers de kilomètres, des dizaines de rencontres, des centaines de milliers de pèlerins – un effort dépassant les forces d’un homme de plus de soixante-dix ans. C’est ce qu’on aurait pu penser. Un moment de répit, un petit somme après le repas et c’était de nouveau un volcan d’énergie. Comme si des ailes lui poussaient. Parfois, nous n’en revenions pas.

Ses secrétaires n’en revenaient pas non plus de voir que le Saint-Père, quoique toujours plus âgé et plus faible, ne voulait en rien changer son emploi du temps. Ils le lui demandaient, pourtant, essayaient de lui faire entendre raison. En vain. Durant les dernières années, il se levait plus tard, jusqu’à une demi-heure. Ensuite, tout reprenait son rythme habituel. Il ne manquait jamais une seule prière. Il lisait toujours beaucoup. Nous l’incitions à renoncer à certaines pratiques religieuses ou à lire un peu moins, mais il répondait qu’il ne ferait jamais cela, car cela lui permettait de garder la forme. Il lisait tout. Lorsqu’il recevait un livre, il ne permettait pas qu’on le range dans la bibliothèque. Il demandait de le laisser sur sa table de travail, pour qu’il puisse au moins le feuilleter, en lire quelques pages. Parfois, nous plaisantions, l’abbé Styczeń et moi, en disant que les livres étaient la drogue de Jean-Paul II. Aucun livre ne le laissait indifférent. Si un livre traînait quelque part, il s’arrêtait et le feuilletait avec grand intérêt. Il lisait en anglais, an allemand. J’avais l’impression que ces moments passés avec un livre dans les mains étaient ceux qu’il préférait. Lorsqu’il pouvait lire tranquillement.

Avec l’accord de l’archevêque Mieczysław Mokrzycki – « Le mardi était son jour préféré »

Edition M, Cracovie 2008